Comprendre les 12 principes fondateurs de la REP Emballages

Jacques-Bordat3Nous avons demandé à Jacques Bordat, président de la Filière verre et président d’InterEmballage pourquoi il était temps de rappeler les objectifs et les principes fondateurs de la REP Emballages.

Valeurs Vertes : Pouvez-nous nous définir InterEmballage ?
Jacques Bordat :
InterEmballage regroupe les 5 filières de matériaux et d’emballages (acier, aluminium, plastique, papier-carton et verre) et a soutenu la mise en place de la REP Emballages ménagers depuis 1992. Engagé de façon concrète auprès des éco-organismes et des collectivités locales, InterEmballage a pris ses responsabilités dans le dispositif de la REP et a participé, y compris financièrement, à sa mise en place. Nous sommes très attentifs à son succès et notre secteur de l’emballage est soumis à l’atteinte des objectifs de recyclage et de valorisation, tant sur le plan national qu’européen. Les efforts et les engagements pris depuis plus de 20 ans par l’ensemble des acteurs de cette chaîne ont permis de considérablement développer le recyclage en France dans une dynamique d’économie circulaire de proximité. L’agrément des éco-organismes se termine fin 2016 et les discussions sur le prochain agrément vont s’inscrire dans cette situation de maturité et de performance de la REP Emballages ménagers.

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V.V. : Vous avez établi 12 principes fondateurs, les 12 commandements, pour un système de REP pour les emballages ménagers et les éco-organismes. Pourquoi ?
J.B. : Nous voulons rappeler des principes essentiels qui ont, à notre sens, contribué au développement et au succès de la REP Emballages et qui permettront aussi de poursuivre l’amélioration de ses performances et de relever de nouveaux défis. Le premier principe de la responsabilité élargie du producteur intègre un principe d’internalisation et responsabilise les acteurs de la chaîne de valeurs pour le cycle de vie de l’emballage et la gestion de sa fin de vie. En France, le metteur sur le marché a été désigné comme contributeur. Cette responsabilisation des acteurs, metteurs en marché et fabricants de matériaux et d’emballages, est essentielle. InterEmballage s’est engagé historiquement et poursuivra ses efforts pour améliorer les performances de cette REP.

V.V.: Quels sont les autres points importants ?
J.B.: Nous sommes très attachés à ce que la mission des écoorganismes s’inscrive dans une logique de non-lucrativité et d’intérêt général. Le principe d’une REP financière a démontré sa capacité à coordonner les responsabilités des différents acteurs et à rechercher avec tous une optimisation du système. La REP doit être un levier essentiel d’une économie circulaire de proximité. Elle doit favoriser et renforcer la prévention, l’écoconception, la responsabilisation des différents acteurs dans une logique collaborative et la préférence à la proximité.

V.V. : Quelles assurances apporter aux collectivités locales, acteurs engagés depuis 20 ans ?
J.B. : L’équivalence de traitement entre les collectivités locales est essentielle et répond à une demande forte de celles-ci. La couverture universelle du territoire est fondamentale car elle sécurise les collectivités locales dans la durée pour les débouchés de matériaux collectés et triés. La pérennité de ces débouchés est essentielle à leurs investissements. Cette égalité est la première condition pour réussir une mobilisation maximale des collectivités et des citoyens-trieurs. Ce principe d’équité doit aussi être respecté entre les metteurs en marché, les éco-organismes et les différents emballages. Tout système qui viendrait déséquilibrer cette équité de traitement favoriserait des comportements opportunistes et des effets d’aubaine.

V.V. : Comment les éco-organismes peuvent-ils éviter ce genre d’écueil ?
J.B. : Leur responsabilité doit porter sur l’ensemble du flux des emballages ménagers. Ils doivent être soumis à des objectifs et à des contraintes relatives aux emballages mutualisés et équivalents pour chacun d’eux. La REP doit couvrir la totalité des familles d’emballages et les barèmes d’éco- contribution ne doivent pas entraîner de discrimination et de distorsion de concurrence entre emballages.

V.V.: Autres commandements ?
J.B. : La transparence liée à la bonne utilisation des éco-contributions, la traçabilité des tonnes soutenues, un libre accès à la matière sont aussi des points importants de la réussite de la REP. Les taux de recyclage aujourd’hui témoignent d’un réel succès de la formule lié à l’engagement de l’ensemble des acteurs. Il faut se souvenir de ces 20 ans de travail qui ont porté leurs fruits et nourrir pour le futur de nouvelles ambitions face à de nouveaux défis.

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