Fontainebleau : bataille autour d’un parc national

Fontainebleau---Bataille-Autour-d’un-parc-National-1Corot, Sisley, Théodore Rousseau… Les impressionnistes de l’Ecole de Barbizon, inspirés par la majesté de Fontainebleau, s’étaient battus pour y obtenir les premières zones naturelles protégées au monde appelées réserves artistiques. Leurs grands arbres royaux, sauvés des dents de la tronçonneuse, pourraient bientôt appartenir à un ensemble plus vaste : un parc national, qui protègerait les 22 000 ha du massif. Mais le débat est encore vif, après plus d’un siècle de discussions.

Forêt des rois, façonnée par l’homme depuis le Moyen-âge, Fontainebleau est « le joyau de la couronne » des forêts françaises, selon Sylvain Ducroux, responsable du service forestier de l’agence locale de l’ONF (Office National des Forêts). Peintres et écrivains ne s’y sont pas trompés qui, de Corot à Renoir, de Victor Hugo à George Sand, ont rendu hommage à cette forêt, fruit de la communion entre l’homme et la nature. Quelle splendeur, ces pins noirs d’Autriche ! Ils furent plantés, comme tant d’autres arbres multiséculaires, par les monarques, désireux d’imposer leur grandeur aux visiteurs venus les saluer dans la « vraie demeure des rois et la maison des siècles », selon Napoléon 1er. « Ces parcelles se situent pour la plupart de part et d’autres de la N7, ancienne route des rois entre le château de Fontainebleau et Paris. Elles sont devenues les “réserves artistiques” puis les “réserves intégrales” où l’ONF ne coupe pas un arbre, retrace Sylvain Ducroux. Fontainebleau est l’une des rares forêts de plaine où, pendant plusieurs décennies, voire quelques siècles, nul n’a touché aux boisements anciens. » Dans ces 1 000 ha de forêt protégées, les arbres, vivants ou morts, bâtissent un sanctuaire de biodiversité. « Fontainebleau compte autant de lichens et de mousses que tout le Royaume-Uni. La diversité des champignons y est presque sans équivalent en France et, pour les insectes, elle est certainement la plus riche forêt de plaine au niveau européen. C’est un très haut lieu de biodiversité », assure Jean-Philippe Siblet, à la tête du service Patrimoine naturel au Muséum national d’Histoire naturelle.
Cohorte de pics et d’insectes xylophages
Si Fontainebleau recèle d’autant de trésors, c’est que cette forêt se situe au carrefour des influences des quatre points cardinaux. S’y retrouve donc de nombreuses espèces en limite d’aire de répartition, bénéficiant de climats variés  s’étaient battus pour y obtenir les premières zones naturelles protégées au monde appelées réserves artistiques. Leurs grands arbres royaux, sauvés des dents de la tronçonneuse, pourraient bientôt appartenir à un ensemble plus vaste : un parc national, qui protègerait les 22 000 ha du massif. Mais le débat est encore vif, après plus d’un siècle de discussions. favorables à leur maintien. « La forêt possède de nombreux méso-climats, attachés à différentes parties du massif, certaines étant plus froides, ou plus sèches, que d’autres, explique le naturaliste. Cette conjonction de facteurs en fait une forêt unique, dont les chaos rocheux, aussi, n’ont pas d’équivalent. »

Jean-Philippe Siblet, directeur du service patrimoine naturel au Museum national d’Histoire naturelle
Frédéric Valletoux, maire de Fontainebleau

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