L’AVENIR DE L’INDUSTRIE SE JOUE AVEC LES COLLECTIVITÉS

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Holcim France a changé d’actionnaire, et de nom, depuis l’été dernier. En devenant EQIOM, membre du groupe irlandais CRH, cela n’a pas modifié le travail de fond engagé depuis plusieurs années ; celui d’un dialogue pérenne et constructif avec les acteurs des territoires – collectivités en tête.

Figurant parmi les leaders mondiaux des matériaux de construction, CRH se caractérise par une présence dans 37 pays et sur toute la chaîne de valeur des matériaux de construction, depuis les carrières jusqu’au négoce de matériaux. Les équipes et les actifs sont restés globalement identiques sur le territoire français. « Nous sommes fiers d’aborder cette nouvelle étape sous le nom d’EQIOM, membre du groupe CRH, commente Gérard Letellier, Président d’EQIOM. Nous regardons le futur avec enthousiasme et nous nous projetons dans nos enjeux d’avenir en conservant nos valeurs essentielles comme la dimension humaine que nous intégrons dans l’exercice de nos métiers. »

Une innovation industrielle avec le SYMEVAD

Cette dimension humaine prend tout son sens dans le travail et le dialogue menés par EQIOM avec les parties prenantes des territoires sur lesquels ses activités sont implantées. En ligne de mire : la ville résiliente et durable, qui n’adviendra qu’avec une utilisation raisonnée des matériaux et une gestion intelligente de l’espace et des ressources naturelles. Sur ces points, EQIOM n’a de cesse d’innover. Dernier exemple en date : son partenariat avec le SYMEVAD, syndicat mixte d’élimination et de valorisation des déchets pour les territoires du Douaisis, d’Hénin- Carvin et d’Osartis-Marquion (soit 82 communes et 312 000 habitants dans le Pas-de-Calais).

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Gérer intelligemment les ressources du territoire

Pour remplacer l’ancienne usine d’incinération des déchets ménagers, datant de 1972, le SYMEVAD a inauguré cette année une unité de tri et de valorisation Matière et Energie, dite TVME. Inspirée du modèle allemand, cette unité a pour ambition de recycler et de valoriser jusqu’à 80% des 100 000 tonnes annuelles de déchets entrants. La matière valorisable passe par le canal du tri sélectif, et les déchets organiques produisent du bio-méthane. Près de 2,5 millions de mètres cubes seront ainsi injectés sur le réseau national du gaz. La partie solide résiduelle est ensuite déshydratée, pour être transformée en « combustible solide de récupération », ou CSR. Ce CSR, grâce au partenariat noué entre EQIOM, le SYMEVAD et Tiru (filiale d’EDF, qui exploite l’installation), sera utilisé dans l’usine d’EQIOM située à Lumbres (62). Cela représente 27 600 tonnes par an de CSR, qui seront brûlées en lieu et place d’énergies fossiles dès 2016. C’est une expérience pilote en France, qui demande d’adapter les installations d’EQIOM – dont l’engagement est de constituer un débouché pérenne. Ce partenariat avec le SYMEVAD et les collectivités locales qui le composent, repose sur une solution pragmatique et concrète de valorisation des déchets ménagers, grâce au débouché des CSR, bien connu en Allemagne mais encore largement inexploité en France. Ce type de partenariat pourrait être dupliqué partout en France. C’est d’ailleurs dans une logique de gestion intelligente des ressources sur le territoire qu’EQIOM a également investi dans un atelier de production de CSR dans l’est de la France. Mis en service cette année, il fabrique 35 000 tonnes de CSR par an, valorisées dans les fours des cimenteries d’Héming (57) et de Rochefort-sur- Nénon (39).

L’usine en ville !

Parmi les autres axes de partenariat mis en place par EQIOM figure celui de l’usine dans la ville. Objectif : réduire les impacts liés au transport en implantant les outils industriels au coeur de la ville, là où les matériaux produits sont utilisés. Cette logique de circuit court n’est pas sans contraintes, surtout dans un environnement urbain. Ce fut un pari réussi pour la ville de Paris et EQIOM, avec unités de production de béton prêt à l’emploi – la première à Tolbiac, la seconde dans l’éco-quartier de la ZAC Clichy-Batignolles. Alimentées respectivement par voie d’eau et voie ferrée, ces deux usines approvisionnent les chantiers parisiens et franciliens, permettant ainsi de limiter le trafic routier (10 000 camions en moins par an pour Clichy-Batignolles). Ces deux sites ont fait l’objet d’une attention architecturale toute particulière, dont l’élément le plus visible reste pour Tolbiac son éclairage. La nuit, il est illuminé par des centaines de LED qui changent de couleur au rythme des saisons. En clin d’oeil, cet éclairage a été également installé au sommet de la tour à granulats de l’unité soeur de Batignolles.

Une nouvelle gouvernance territoriale au service de la résilience

Avec sa Fondation d’entreprise Energies Croisées, EQIOM innove également en matière de dialogue avec les collectivités. Convaincue que la résilience des territoires passe par de nouvelles formes de collaboration, l’équipe d’EQIOM sort des sentiers battus. Dans le Pasde- Calais toujours, cette ouverture a engendré une dynamique portée par un projet original, celui du Chemin de la Craie. Reposant sur l’identité du territoire, ce projet a pour ambition de valoriser le patrimoine naturel et humain des environs de la carrière de Dannes, exploitée pendant plus d’un siècle et fermée en 2013. Partant du constat qu’une identité territoriale forte est génératrice d’attractivité, et donc de ressources multiples pour s’adapter et anticiper les mutations économiques à l’oeuvre, la Fondation contribue au développement durable des territoires en participant ou en initiant des projets de revitalisation, d’inclusion sociale, d’accession à l’emploi et à son maintien. Mais elle ne le fait pas seule, et fédère tous les acteurs que cette démarche intéresse pour co-construire des projets pérennes, ancrés dans leurs territoires.

Le chemin de la craie : une identité co-construite

Ainsi, en 2006, un premier accord a été initié avec le Conservatoire d’Espaces naturels Nord-Pas de Calais autour du chemin de la craie. A l’origine, ce projet a pour vocation de valoriser la biodiversité propre au substrat crayeux entre Dannes et Lumbres, où se situent deux sites d’exploitation séparés de 40 km. Puis, au gré des rencontres, de nouveaux acteurs ont rejoint ce projet, lui donnant une tournure plus globale : le Parc Naturel régional des Caps et Marais d’Opale, les communautés de communes du pays de Lumbres, de Desvres-Samer, de Mer et Terres d’Opale et la communauté d’agglomération du Boulonnais, etc. En 2016, une gouvernance a été instaurée pour structurer le dialogue et inscrire le projet dans le temps long. Le chemin de la craie traverse 36 communes, sur plus de 600 hectares de foncier. Déjà, les premières pierres ont été posées pour lancer et entretenir la dynamique : deux journées ont été organisées en septembre 2015, rassemblant un Fab Lab éphémère, des ateliers d’artistes et la visite du site naturel de la carrière de Dannes. Une ambition anime tous les acteurs : construire une identité forte pour ce territoire, ancrée dans ce qui le constitue et le caractérise tant au niveau écologique qu’économique. Un projet à suivre.

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