Le dérèglement climatique au programme

Le 100ème Congrès des Maires ne faillira pas à la tradition et donnera la parole aux territoires qui doivent anticiper un futur placé sous le signe du changement climatique et d’échéances financières exigeantes. Entretien avec le président de l’Association des Maires de France, François Baroin

V.V : Comment protéger les communes exposées aux impacts du dérèglement climatique ? Quelles solutions envisager ?

François Baroin : Le choix de consacrer le débat d’ouverture du 100ème Congrès aux enjeux du changement climatique est hautement symbolique. Ce phénomène touche l’ensemble de notre territoire de différentes manières, mais tous sont concernés. Ouragans, cyclones, inondations à répétition mais aussi recul du trait de côte et raccourcissement des périodes d’enneigement sont des conséquences dramatiques du changement climatique. En tant qu’élus locaux, nous avons une double responsabilité : continuer à lutter le plus efficacement possible contre la cause de ces changements en diminuant nos émissions de gaz à effet de serre et, en parallèle, travailler activement à accroître la capacité de résistance de nos territoires face à ces phénomènes qu’ils soient brutaux ou au long cours. Parce qu’au-delà des dégâts matériels qui sont considérables, certains territoires doivent d’ores et déjà réorienter leurs activités économiques. C’est une contrainte mais aussi une opportunité à saisir.

V.V : Face aux restrictions budgétaires annoncées, quelles marges de manoeuvre pour les collectivités locales ? Devront-elles sacrifier leurs efforts environnementaux ?

F.B : Les restrictions budgétaires que subissent les communes et leurs intercommunalités constituent un obstacle important à leur action tous domaines d’intervention confondus. Investir pour le long terme est évidemment plus compliqué lorsqu’on a juste de quoi faire fonctionner le quotidien. En matière de transition écologique et particulièrement de changements climatiques, l’anticipation ne devrait pas apparaître comme un luxe mais comme une condition de survie. Le premier obstacle causé par les restrictions budgétaires réside donc dans la capacité de l’État et des collectivités à conserver la question environnementale au rang de ses priorités absolues.

Cet obstacle en amène un autre qui est lié à la prolifération des normes techniques qui sont imposées aux collectivités. Dans ce domaine, l’État doit enfin cesser d’imposer des objectifs de moyens et des règles uniformes aux communes. En matière environnementale, il est essentiel de ne pas étouffer l’action locale en imposant des normes techniques irréalisables mais plutôt prioriser, en fonction du meilleur rapport « coût/efficacité ».

V.V : Le rôle de Maire est au carrefour de toutes demandes sociales, environnementales et sociétales. Quelles seront vos priorités?

F.B : Etre maire c’est devoir combiner aussi efficacement que possible ces trois dimensions dans chacune des décisions que l’on prend en tenant compte du contexte local. Dans leur action quotidienne, les maires et leurs équipes municipales s’efforcent de faire coïncider la capacité de réponse du territoire aux besoins de ses habitants et de ses entreprises. La commune a un rôle majeur pour identifier et mobiliser les ressources locales. Chaque territoire à ses spécificités, ses difficultés et ses atouts. Il faut connaitre les premières, résoudre les secondes et se servir des troisièmes pour construire un avenir durable. Localement, les enjeux sont rarement cloisonnés. On se rend compte aisément par exemple, qu’en structurant des filières locales d’alimentation durable et de qualité, on contribue à protéger les ressources en eau. ■




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