Les acteurs de l’Aquitaine mobilisés pour les énergies vertes

bordeaux

A Bordeaux, Darwin – un lieu modèle de développement durable – a été le cadre d’une manifestation originale organisée par la Caisse Régionale du Crédit Agricole et Valeurs Vertes sur le thème « Les acteurs de l’Aquitaine mobilisés pour les énergies vertes. »

Rappelant que l’innovation est au cœur de tout projet d’entreprise, Jean Bouin, directeur général du Crédit Agricole Aquitaine a souligné que son établissement accompagne en première place les acteurs pour une transition énergétique créatrice d’emplois.

Grand témoin, Hervé Le Treut, climatologue et membre de l’Académie des Sciences et du GIEC rappelle : « Non, il n’y a pas eu 20 ans d’échec dans les négociations climatiques. Oui, la COP21 aboutira à un accord de réduction des gaz à effet de serre. Il y a urgence à maîtriser les émissions. En 1970, 3 à 4 milliards de tonnes de CO2 étaient émises par an. Aujourd’hui, ce sont 10 milliards, soit 3 fois plus. Nous avons 20 ans pour rester sous la barre des 2 degrés, seuil de référence qui marque le niveau de danger. La recherche et le développement dans les énergies alternatives face à l’urgence doivent s’accélérer.

Depuis 200 ans, la démographie mondiale a été multipliée par 8, nous ne devons pas renoncer au confort mais réduire nos besoins en énergie et augmenter la production d’énergies renouvelables. »

Rappelant que l’Aquitaine, en première place pour le photovoltaïque, possède un potentiel important dans la filière bois énergie pour laquelle la région s’est dotée de cadres prospectifs.

Des entreprises leaders et innovantes

Ivan Grenetier, expert, à souligné que « le prix du carbone n’est pas le seul moyen de changer les comportements. Fixer un prix du carbone accepté par tous est difficile. Il vaut mieux parler d’un corridor de prix. En ce moment, les marchés du carbone se multiplient aux Etats -Unis, en Chine, en Australie. Il ne s’agit pas de modifier nos modes de vie, mais de réduire nos besoins en énergie primaire en augmentant les rendements et en récupérant la chaleur non utilisée. »

Pour Jean-Yves Grandidier, fondateur de Valorem en 1994, pionnier de l’éolien français : « Ma société était au début un bureau d’études spécialisé dans la maîtrise des énergies et des ENR. Elle a démarré grâce à une étude financée par un programme européen et nous a mis le pied à l’étrier. En 2007-2008, nous avons pu accéder à un nouveau modèle économique grâce à deux levées de fonds de 23 millions d’euros auprès de la Caisse du Crédit Agricole Aquitaine. Ces fonds étaient nécessaires pour construire et exploiter 100 mégawatts éoliens.

Notre entreprise compte aujourd’hui 160 personnes et nous avons intégré l’ensemble des métiers de la production d’électricité verte, du développement, à l’exploitation à la maintenance jusqu’à la construction. »

Autre belle réussite, celle de Frédéric Conchy, président d’Exosun, inventeur d’une quinzaine de brevets internationaux. C’est lui et sa société qui ont mis au point les « trackers » solaires. Un concept original pour que les panneaux qui suivent le parcours du soleil tels des héliotropes, produisent le maximum d’énergie au meilleur moment, réduisant les besoins de stockage.

Aujourd’hui, Exosun exporte en Amérique du Sud, aux USA, en Afrique du Sud etc. Cette technologie solaire se développe au Brésil, au Chili aux USA et semble avoir beaucoup d’avenir.

Frédéric Conchy entend qu’Exosun devienne le leader mondial du solaire.

Sa société prépare une levée de fonds pour construire des centrales aussi importantes que celles du Chili, 87 mégawatts sur 140 ha.

Des financements innovants

Comment financer de tels projets? Christine Delamarre, directrice d’Unifergie et d’Auxifip, filiales du groupe Crédit Agricole dédiées aux financements des énergies vertes souligne : « C’est un peu comme un nouveau métier où il faut apprendre à décoder un langage technique particulier. Il exige de posséder des connaissances sectorielles pour comprendre et accompagner les clients.

Lors de la conférence sur la transition énergétique, à la question posée : « Etes-vous d’accord pour accompagner la démarche et en aurez-vous les moyens? Nous nous sommes aperçus qu’à travers nos filiales, nous étions déjà des acteurs majeurs, pour les particuliers et les entreprises. En France nous avons dépassé le cap des 10 000 éoliennes. »

Nos actions sont coordonnées avec les Caisses Régionales pour que chaque acteur soit suivi par le Groupe, avec les financements adéquats, sur une durée très longue, 15 voire 18 ans.

Exosun a été l’un de nos premiers projets. Nous avons l’ambition de doubler notre activité sur le marché à l’horizon 2017. »

Danielle Nocher




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