LES COLLECTIVITÉS ACTIVES DEPUIS LONGTEMPS DÉJÀ

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Les maires et autres représentants des collectivités n’ont pas attendu la COP21 pour se mobiliser face aux dérèglements climatiques. Cela fait des années qu’ils agissent aussi bien par leur responsabilité directe (décisions d’investissements) que par leur responsabilité indirecte (sensibilisation et accompagnement des citoyens et des entreprises présentes sur leur territoire). Cette prise de conscience ne s’arrête pas à un simple diagnostic énergie ou un bilan carbone : les réalisations concrètes portent déjà leurs fruits et ce, dans les collectivités de toutes tailles.

Consommations énergétiques, approvisionnement en eau, risques naturels…, les villes sont particulièrement concernées par le changement climatique. Les initiatives prises sont certes liées aux évolutions réglementaires mais elles relèvent aussi beaucoup du volontarisme impulsé par le maire lui-même. Il s’agit à la fois de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) pour limiter l’impact du territoire (atténuation) et d’adapter le territoire au changement pour réduire sa vulnérabilité (adaptation).

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Le local, c’est l’opérationnel

Le bâtiment et le transport constituent deux leviers majeurs pour réduire les GES des villes. Le maire peut décider de rénover son patrimoine bâti et de créer des éco-quartiers en faisant le choix de solutions performantes comme le bâtiment basse consommation, les solutions bioclimatiques, l’efficacité énergétique, les réseaux de chaleur, les renouvelables disponibles localement. Orléans et Bordeaux, par exemple, utilisent l’énergie de l’eau des fleuves, en plus du solaire et de la biomasse, pour s’alimenter en électricité (cf. hydroliennes fluviales). Montdidier dispose de quoi satisfaire plus de la moitié de ses besoins en énergie grâce au parc éolien communal — le premier en France — qu’elle a mis en service en 2010. De son côté, depuis qu’elle a fait le choix en 1983 du solaire thermique pour sa piscine, Montmélian multiplie les démarches dans le domaine, justifiant son appellation de « Montmélian la Solaire »… Plus globalement, trente-deux éco-quartiers sont déjà labellisés par le ministère du Logement (label fondé sur des résultats) et ce, pas seulement dans des grandes villes mais aussi dans des villes moyennes comme Boulogne-Billancourt, Changé ou Prades-le-Lez. Et le nombre de projets en cours augmente d’année en année comme en témoignent les opérations menées à Laguiole, Frontignan ou au Havre.

Le maire peut aussi opter pour une mobilité bas carbone : transports en commun (tramway, téléphérique urbain comme à Brest d’ici fin 2016, bus nouvelle génération comme le « Chronobus » de Nantes Métropole), vélo (pistes cyclables, doubles sens, parcs de stationnement dédiés), véhicule électrique ou hybride en partage ou pour la flotte municipale, etc. Strasbourg, par exemple, propose aux entreprises et administrations locales un système de cent véhicules hybrides rechargeables et d’infrastructures de recharge. Premier poste pour la consommation d’électricité des villes avec 42%, l’éclairage public constitue un autre levier important.

Diverses solutions permettent déjà des réductions immédiates : lampes à leds, pilotage à distance, alimentation aux renouvelables (solaire surtout, parfois petit éolien et bientôt routes grâce à l’innovation lancée mi-octobre par Colas sur World Efficiency), etc. Elles sont déjà intégrées par plusieurs villes ayant procédé au renouvellement de leur système, souvent dans le cadre d’un PPP (Partenariat Public Privé) comme Auvers-sur-Oise, Castelnau-le-Lez et Rouen. Ces solutions s’appuient pour une grande part sur l’essor du numérique et du traitement de données qui rendent la ville plus connectée. Après plusieurs pionniers comme Issyles- Moulineaux (IssyGrid), le Grand Lyon (réseaux intelligents Smart City…) ou encore la Métropole Nice Côte d’Azur (projets NiceGrid et Reflexe), de nombreuses communes sont engagées dans cette voie. Les maires peuvent aussi réaliser d’autres types d’actions comme inciter à réduire les consommations de ressources primaires, opter pour une gestion des déchets plus orientée vers la valorisation, revoir l’organisation des achats publics ou favoriser le bio et les circuits courts pour la restauration collective. Ils peuvent aussi impliquer le tertiaire dans leur Plan Climat Energie à l’image de Paris qui compte 400 000 établissements responsables de près de 11% des émissions globales de CO2 du territoire (cf. Charte Paris Action Climat).

Les risques naturels ou encore
les pressions sur l’eau interpellent
de plus en plus car ils peuvent générer
des problèmes sanitaires,
voire de sécurité alimentaire

L’adaptation en complément de l’atténuation

Parallèlement à cela, les villes commencent à prendre en compte les conséquences des dérèglements climatiques. Dans ce domaine, il n’existe pas de recette unique, la vulnérabilité étant fortement liée aux caractéristiques locales. Les phénomènes météorologiques plus fréquents de type vagues de chaleur ou précipitations extrêmes, les risques naturels ou encore les pressions sur l’eau interpellent de plus en plus car ils peuvent générer des problèmes sanitaires, voire de sécurité alimentaire, sans parler des questions de coûts et d’assurances. Les solutions d’adaptation comprennent des mesures « dures » : construction ou renforcement d’infrastructures de protection, modernisation des réseaux, installation de bassins de rétention d’eau, déplacement de routes à l’intérieur des terres comme à Thau ou encore utilisation de nouveaux matériaux moins sensibles à la chaleur. Elles couvrent également des mesures « douces » d’ordre organisationnel (modélisation, cartographie, systèmes d’alerte ou d’évacuation, campagnes de prévention…), des solutions basées sur le végétal (espaces verts, toitures ou façades végétalisées, agriculture urbaine…), une gestion plus efficace de la ressource eau, voire des mesures de repli de certaines activités vers des zones moins vulnérables.

Se faire entendre à la COP21

Si les villes n’ont pas attendu la COP21 pour s’engager dans des actions d’atténuation ou d’adaptation, elles souhaitent se faire entendre au Bourget. C’est tout l’objet de l’Appel de Bordeaux signé fin janvier par différents représentants d’élus locaux et régionaux qui demandent aux autorités et chefs d’Etat présents à la COP de prendre en considération le rôle central des territoires dans l’atténuation et l’adaptation et de soutenir les mécanismes permettant de renforcer l’action locale et régionale et les partenariats. Autre démarche lancée cette année : la Déclaration des Maires Européens pour le Climat engage ses signataires – maires de capitales et de grandes villes – à respecter des objectifs ambitieux de réduction de GES. Enfin, après le Sommet Climat & Territoires de juillet à Lyon, un Sommet des Elus Locaux pour le Climat se tiendra durant la COP le 4 décembre à l’Hôtel de Ville de Paris, à l’initiative d’Anne Hidalgo, maire de Paris et de Michael R. Bloomberg, ancien maire de New York – aujourd’hui envoyé spécial des Nations unies pour les villes et le changement climatique. Au regard de ces initiatives, la voix des villes a toutes les chances d’être entendue. Rendezvous en décembre…

  1. Sécheresses, inondations, tempêtes, retrait-gonflement d’argiles mais aussi glissements de terrain, coulées de boues en montagne, infiltrations d’eau salée dans les nappes côtières,…

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