LES MALADIES LIÉES AU CHANGEMENT CLIMATIQUE

moustiqueLors d’un récent colloque de l’Anses sur « Les microorganismes et les dynamiques environnementales ainsi que leurs effets sanitaires », une des tables rondes a mis en exergue l’influence du climat sur les maladies vectorielles avec en vedette le moustique tigre porteur du Chikungunya.

Certaines maladies vectorielles seraient liées au changement climatique affirme Cyril Caminade de l’Institute of Infection and Global Health et de la School of Environnmental Sciences. Cette thèse, déjà affirmée par des nombreux articles depuis une dizaine d’années, est confirmée selon ce scientifique via des modélisations sur l’évolution de ces maladies…

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L’objectif de son travail n’est pas de prouver ce fait mais de donner des outils aux services publics afin de lutter contre la propagation de ces pathologies. Une maladie vectorielle a besoin pour se répandre de trois éléments : un pathogène, un vecteur comme le moustique et un hôte. Le climat impacte ces maladies car il peut provoquer certaines mutations du virus ou des changements physiologiques ou comportementaux chez le vecteur et l’hôte. L’équipe de Cyril Caminade a soutenu cette idée en utilisant l’exemple de la fièvre de la vallée du Rift (FVR). Des épidémies majeures de FVR ont eu lieu dans le Nord du Sénégal. Le climat expliquerait cette contagion car leurs études démontrent que ces épidémies sont généralement précédées par de fortes précipitations suivant une période sèche (octobrenovembre). Le scientifique a extrapolé le résultat de ces observations pour le Sud de la Mauritanie qui présente aussi des conditions climatiques favorables à la transmission du FVR. Les expérimentations de Cyril Caminade aboutissent à une observation intéressante. Grâce à une approche multi-modèle, l’équipe a évalué que le paludisme dans les plaines tropicales irait en diminuant alors qu’il augmenterait dans les zones tropicales d’altitude. Ces résultats sont corroborés par des études de terrain récentes conduites au Népal, en Ethiopie, au Kenya et en Colombie. Un travail a également été effectué sur le redouté Aedes albopictus très connu sous le nom de moustique tigre. Cet insecte a été introduit récemment en Europe et se propage dangereusement en France métropolitaine.

Une maladie vectorielle a besoin pour se répandre de trois éléments : un pathogène, un vecteur comme le moustique et un hôte

Il est un vecteur notoire de la dengue et du chikungunya. Les causes de cette prolifération sont très variées allant du commerce d’anciens pneus dans lesquels les parasites aiment pondre leurs oeufs à des changements de type d’agriculture. Cette propagation est visible dans les modélisations de Cyril Caminade. Partant du Sud-est, le moustique s’est développé dans la région, jusqu’à toucher le Sud-ouest. Ces résultats ont des implications lourdes si les voyageurs revenant infectés de zones tropicales en Europe ne sont pas identifiés par le système de santé publique. Pour avoir une stratégie préventive efficace contre les maladies vectorielles, il faut prendre en compte la grande quantité de facteurs qui entrent en jeu ainsi que la complexité de ces pathologies.

Le chikungunya : le danger estival

Le chikungunya est un arbovirus transmis notamment par le moustique tigre, ce dernier originaire d’Asie se répand actuellement dans le monde. Cette maladie a été découverte en 1952 en Tanzanie. Elle a été repérée en Asie du Sud-est, dans le sous-continent Indien, en Europe et dans l’Océan indien. Le virus y a circulé jusqu’à atteindre la Réunion pendant l’été austral 2005-2006 où l’épidémie s’est développée. Les voyages touristiques et la période d’incubation de 4 à 5 jours jouent beaucoup sur la virulence de la maladie. Le premier symptôme est une fièvre supérieure à 38,5 °C qui apparaît brutalement. Elle est accompagnée de maux de tête, de courbatures ou de douleurs articulaires pouvant être intenses. Il n’existe pas de vaccin ni de traitement direct de la maladie, seuls les symptômes sont traités. Si la maladie n’est pas soignée par ce traitement, elle peut évoluer vers une phase chronique provoquant des douleurs articulaires persistantes et incapacitantes. Les cas graves concernent essentiellement les personnes fragilisées par des pathologies antérieures (1 cas sur 1 000).

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