Nouvelles ventes aux enchères outrageuses d’objets sacrés hopi

L'aîné hopi James Kootshongsie, décédé en 1996. © Survival International

L’aîné hopi James Kootshongsie, décédé en 1996.
© Survival International

Communiqué de presse de Survival International

Une première vente d’objets sacrés hopi, zuñi et diné organisée par Alain Leroy, de la maison de ventes EVE, aura lieu le 7 décembre prochain à l’hôtel Drouot. Elle sera suivie le 16 décembre d’une vente organisée par la maison Joron-Derem.

Selon l’anthropologue Patrick Perez, ‘ces objets qui proviennent [probablement] de collections américaines étant interdits de vente dans leur pays d’origine au titre des lois américaines AIRFA et NAGPRA, il faut en conclure que la France sert maintenant de comptoir commercial permettant de contourner les lois fédérales américaines’.

Les tentatives pour suspendre les ventes aux enchères précédentes qui depuis 2013 provoquent l’indignation de l’opinion publique internationale ont échoué malgré la ferme opposition des Hopi et les interventions de Me Pierre Servan-Schreiber, mandaté par Survival International, le mouvement mondial pour les droits des peuples indigènes, ainsi que de l’acteur Robert Redford qui avait qualifié ces ventes ‘sacrilèges’ de ‘geste criminel’.

Plusieurs institutions et musées nord-américains, dont le Museum of Northern Arizona, le Heard Museum, le musée Wheelwright des Indiens d’Amérique et le Denver Art Museum, avaient alors exprimé leur ‘indignation et leur détresse’ devant la dispersion de tels objets qui viole les lois fédérales et étatiques nord-américaines de protection des ressources culturelles.

Les Katsinam que les Hopi appellent ‘amis’ ont une profonde signification culturelle et religieuse. Ce sont les esprits des ancêtres, des animaux terrestres et du monde naturel, mais aussi d’êtres mythologiques, de forces naturelles et de valeurs morales et sociales. Ils font partie d’un système de croyances qui veut que la stabilité du monde soit liée à la célébration de ces êtres, lesquels ne peuvent être ni commercialisés ni-même montrés à des non-initiés.

Me Pierre Servan-Schreiber et Jean-Patrick Razon, directeur de Survival International (France), ont déclaré aujourd’hui: ’Il devrait être assez clair pour les commissaires-priseurs et les collectionneurs que la vente de ces objets constitue une très grave offense envers les Amérindiens et la continuation des discriminations dont ils font l’objet depuis si longtemps. Pour eux, ce ne sont pas des objets que l’on collectionne, mais l’essence même de leur culture et de leur existence en tant que peuples premiers qui doit être traitée avec le plus grand respect. Devant le désastre irréparable que constituerait pour eux la dispersion de ces objets, il est temps que les acheteurs potentiels prennent conscience que cette marchandisation leur cause une douleur réelle et qu’elle est immorale’.

Notes aux rédactions :

– Les Hopi vivent dans douze villages au nord-est de l’Arizona. Ils appellent leur patrie Hopituskwa.
– Les Hopi s’opposent à la publication des images de Katsinam qu’ils considèrent comme offensante et irrespectueuse.

Lire ce communiqué en ligne: http://www.survivalfrance.org/actu/11046




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