POC21 : LES MAKERS à la rescousse du climat

JEROME-BEILINComme nous l’avions annoncé dans un précédent numéro, une aventure inédite baptisée POC 21, organisée par OuiShare et le collectif allemand OpenState en perspective de la COP21 à Paris, a eu lieu au château de Millemont dans les Yvelines, du 15 août au 20 septembre. Transformé en véritable village dédié à l’innovation et à la transition écologique, le château a été aménagé avec tout l’équipement des fablabs et des « maker-spaces » : imprimantes 3D, fraiseuses numériques, ponceuses, outils dernier cri, espaces de co-working, etc. Durant cinq semaines, inventeurs, chercheurs et designers du monde entier, accompagnés d’experts et de mentors, sont venus mettre au point leurs prototypes et solutions en faveur du climat.

Leur pari ? Créer 12 produits ou objets innovants en open source, c’est-à-dire des inventions en licence libre, sans brevet et à coûts réduits, donc largement diffusables et faciles à répliquer. Ainsi, tous les plans, fichiers, modèles, ou modes d’emploi des objets élaborés seront partagés et disponibles librement. Au total, ce sont une centaine de personnes réparties en 12 équipes (30 éco-innovateurs, 20 membres de l’organisation et une cinquantaine d’experts et bénévoles) qui se sont réunies autour de la conception de ces solutions pour la transition énergétique, ouvertes et accessibles à tous. A quelques semaines de l’ouverture du Sommet de Paris – celui de la dernière chance si l’on souhaite parvenir à un accord universel et contraignant pour maintenir le réchauffement climatique sous la barre des 2°C – les organisateurs ont présenté les conclusions de cette expérimentation unique. Résultat : 12 projets éco-innovants en open-source ont bel et bien vu le jour, dans le but de favoriser la transition écologique et faire de chaque citoyen un acteur potentiel de la transition. Parmi ces projets, nous pouvons citer par exemple :

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  • Sunzilla, un groupe électrogène dépliable qui a la particularité d’être alimenté par des panneaux photovoltaïques et qui permet de fournir en électricité des installations temporaires comme par exemple des festivals, remplaçant ainsi les groupes électrogènes diesel souvent très bruyants et fortement émissifs. Open Energy Monitor, instrument qui facilite la sensibilisation des utilisateurs à l’urgence d’une transition vers des modes de vie décarbonés, en permettant de suivre la consommation et la production énergétique d’un bâtiment et bien d’autres variables depuis son ordinateur, son smartphone ou sa tablette. Cet outil, qui permet de rendre la transition énergétique plus concrète pour les utilisateurs, en faisant le lien direct avec notre consommation énergétique quotidienne, est le premier système de monitoring énergétique élaboré intégralement en open source : maté riel, logiciel, code, données.
  • 30$ wind turbine, une éolienne en kit fabriquée à partir de matériaux 100% recyclés, que l’on peut reproduire soit même sur le principe du « Do It Yourself », pour la modique somme de 30 euros environ, et capable de produire dans la version actuelle du prototype, 1 kW sous un vent de 60 km/h (l’éolienne peut absorber des vents allant jusqu’à 105 km/h). La fabrication de cette éolienne ne requiert que très peu de matériel : une perceuse, une riveteuse et un cutter.
  • Nautile, une bouilloire inspirée du biomimétisme et économe en énergie. Élaborée par Giullian Graves, l’un des 12 inventeurs sélectionnés pour POC 21, qui est parti du constat que la performance énergétique des bouilloires classiques était bien trop souvent insatisfaisante.
  • Solar Rose, un concentrateur solaire équipé de miroirs et produisant de la chaleur sous forme de vapeur, pouvant monter jusqu’à 400 degrés. Cette vapeur peut être utilisée dans divers procédés industriels comme la stérilisation, la cuisson, la distillation ou encore le séchage de matériaux. Selon son inventeur, cela pourrait représenter près d’un quart de l’énergie utilisée par l’industrie en Europe, un marché considérable. Pour les organisateurs, l’un des objectifs de l’aventure était de fournir un cadre aux porteurs de projets pour les aider à affiner leurs innovations ; de les faire travailler en réseau avec des spécialistes, pour favoriser la mutualisation des idées, des connaissances et des expertises, mais aussi, pour les aider à ajuster leur business model ou à mieux présenter leurs projets.

Et le bilan est plus que positif, puisque après une exposition-démonstration fin septembre qui a rencontré un réel succès et un bel écho médiatique, ces solutions seront bientôt présentées dans un catalogue « type Ikea », grand public et attractif, regroupant ces produits ou objets responsables. Ce catalogue, qui sera disponible en ligne et référencera toutes ces créations en mettant à libre disposition plans, sources et données, sera diffusé en amont et pendant la conférence des Nations unies sur le climat. Une grande campagne de communication et de diffusion sera également lancée prochainement. Elle s’appuiera, entre autres, sur le catalogue de solutions, mais aussi sur des vidéos, des contenus pédagogiques, ou encore des séances de présentation des prototypes lors d’actions de mobilisation citoyenne pendant la COP. Une démarche de sensibilisation sera engagée auprès des décideurs politiques, pour leur faire comprendre le potentiel des solutions open source et collaboratives dans le cadre de la transition énergétique.

Ainsi, au-delà des projets eux-mêmes, l’objectif plus profond de cette aventure, comme l’indiquent les organisateurs sur le site internet de POC21, est de « montrer comment les nouveaux modes de production, issus du mouvement maker et de l’open source, peuvent aussi contribuer à la transition écologique… que de tels produits open source ont le potentiel pour être généralisés et devenir la nouvelle norme: «sexy comme Apple mais ouvert comme Wikipedia». » POC21 aura donc donné le « coup d’envoi pour construire des espaces permanents pour «open sourcer» le développement responsable ».

Cette initiative sans précédent arrive donc à point nommé et vient démontrer concrètement l’immense contribution que l’économie collaborative peut apporter à la lutte contre le changement climatique, en donnant à chaque citoyen les moyens de devenir un acteur engagé pour le climat et pour la nécessaire transition écologique de nos sociétés.

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