QUELLE STRATÉGIE BIODIVERSITÉ POUR LES ENTREPRISES DU CAC40

B&L évolution, bureau d’étude en développement durable, a publié le 18 mai 2015 son évaluation de la stratégie biodiversité des entreprises du CAC40, basée sur les rapports extra-financiers 2014. Une première version de l’étude qui utilisait les rapports 2013 avait été publiée l’année dernière. Depuis, peu de choses ont changé même si la prise en compte de la biodiversité s’est un peu améliorée, de grandes disparités subsistent entre les différentes entreprises. Ce sont celles du secteur de l’agroalimentaire qui s’emparent le plus des sujets liés à la biodiversité.

L’étude réalisée par B&L évolution utilise une grille d’analyse organisée en 7 grands thèmes pour analyser la stratégie biodiversité des entreprises.

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Ces sept thèmes (impacts, dépendances, périmètre et chaîne de valeur, moyens et résultats, parties prenantes, innovations et approches stratégiques) permettent de mener une analyse globale des relations entre les grands groupes et la biodiversité. Les données utilisées pour réaliser l’étude sont issues des rapports de responsabilité sociale et environnementale des entreprises (RSE), complétés par l’envoi d’un questionnaire aux responsables du développement durable des sociétés du CAC40. Une démarche classique mais réalisée ici en profondeur. Le degré global de prise en compte de la biodiversité reste préoccupant dans le contexte, sans précédent, d’érosion du patrimoine naturel que nous connaissons. Seulement huit entreprises disposent d’une équipe dédiée à la biodiversité et seules trois d’entre elles proposent à leurs personnels des formations à ses enjeux. Plus alarmant encore, deux entreprises ne communiquent aucune information sur la biodiversité et six se disent non concernées par les enjeux de biodiversité.

Une majorité d’entre elles déclare avoir conscience d’au moins un impact et d’au moins une dépendance de leurs activités sur la biodiversité

A l’inverse, quelques entreprises prennent conscience de leur degré de dépendance aux écosystèmes et aux bénéfices tirés par leurs activités économiques. Ces compagnies pionnières commencent à enregistrer des provisions pour risques liés à la biodiversité, ce qui sous-entend qu’elles reconnaissent un rapport entre leur fonctionnement et la nature. Cette approche est d’autant plus pertinente qu’il est impossible qu’une entreprise du CAC40 n’ait aucun lien avec la nature, ne serait-ce qu’à travers sa chaîne de valeur. Les entreprises qui se démarquent sont, dans l’ordre, LVMH, EDF, Kering, Pernod Ricard, Bouygues, Danone. On retrouve dans les moins engagées, les entreprises du secteur de la micro-électronique, banques et assurances. Pourtant, celles-ci ne cessent de nous parler d’environnement et de RSE ! Ces réflexions s’organisent autour de l’intégration de la dégradation du capital naturel au passif de la comptabilité des entreprises, seulement cinq entreprises réalisent une veille technologique ou réglementaire autour de la biodiversité. Cette thématique n’est donc, à l’évidence, pas considérée comme stratégique par ces grands groupes. Cependant, des approches plus conventionnelles de la biodiversité sont mieux appréhendées par les entreprises. Une majorité d’entre elles déclare avoir conscience d’au moins un impact et d’au moins une dépendance de leurs activités sur la biodiversité. Constat rassurant mais qui dénote une vision quelque peu archaïque des enjeux liés à la nature. Nous sommes encore loin de voir l’entreprise comme un maillon de la biosphère dans laquelle elle serait en équilibre dynamique. Nous espérons que cette étude contribuera à faire faire un pas en avant dans cette direction !

Téléchargez l’étude en suivant ce lien
http://www.empreinte-biodiversite.org/etudes/evaluation-strategiesbiodiversite-
du-cac40/

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