Antibiorésistance en santé animale : les rapports de l’Anses

La surveillance de l’antibiorésistance en santé animale à l’Anses

Actualité du 18/11/2019

A l’occasion de la semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques et de la journée européenne de sensibilisation au bon usage des antibiotiques, l’Anses publie deux rapports faisant le point sur la situation de l’antibiorésistance en santé animale en 2018 et participe au colloque interministériel du 20 novembre « Les antibiotiques : ils sont précieux, surveillons les mieux ». L’Agence est fortement mobilisée sur le sujet de la résistance aux antibiotiques en santé animale et dans la chaîne alimentaire. Ses activités de recherche, de référence, de surveillance et d’évaluation des risques contribuent à une meilleure connaissance des risques liés à l’antibiorésistance dans les domaines de l’élevage, l’alimentation et l’environnement. Une démarche qui s’inscrit dans une approche intégrée de toutes les médecines selon le concept One Health, une seule santé animale et humaine.

Quel est le rôle de l’Anses dans la lutte contre l’antibiorésistance ?

L’Agence suit l’utilisation des antibiotiques en médecine vétérinaire, surveille et étudie les résistances aux antibiotiques chez les animaux et autorise la mise sur le marché d’antibiotiques vétérinaires sûrs et efficaces.

Suivre l’utilisation des antibiotiques chez les animaux

L’Anses publie chaque année un rapport sur le suivi des ventes de médicaments vétérinaires contenant des antibiotiques en France. Outre l’ANMV en charge du suivi des ventes d’antibiotiques en médecine vétérinaire et du calcul des indicateurs, les laboratoires de l’Anses de Ploufragan-Plouzané-Niort et de Lyon mettent également en œuvre des enquêtes ponctuelles en élevage qui permettent de collecter des données descriptives sur la prescription et l’utilisation des antibiotiques.

Surveiller et comprendre la présence de résistances bactériennes chez l’animal et dans les aliments

L’Anses est Laboratoire national de référence pour la résistance antimicrobienne, à ce titre elle surveille la résistance des bactéries de la chaine alimentaire dans le cadre de plans de surveillance harmonisés au niveau européen. Par ailleurs, elle coordonne un réseau – unique en Europe –  de surveillance de la résistance chez les bactéries pathogènes d’origine animale, le Résapath.

 

Autoriser la mise sur le marché d’antibiotiques vétérinaires sûrs et efficaces, puis les surveiller

L’Agence nationale du médicament vétérinaire (ANMV) au sein de l’Anses, autorise la mise sur le marché en France des médicaments vétérinaires antibiotiques. Dans ce cadre, elle évalue leur qualité, leur efficacité et leur innocuité pour l’animal, pour le consommateur et pour l’environnement en prenant en compte le risque particulier de sélection de bactéries résistantes.

Les résultats pour 2018

Données de surveillance de la résistance aux antibiotiques des bactéries d’origine animale

Résapath
  • Les tendances à la baisse de la résistance des bactéries aux antibiotiques critiques se confirment.
  • Concernant la colistine, les données montrent une situation maîtrisée sur les dix dernières années, avec une baisse constante de la résistance à cet antibiotique.
  • En 2018, plus de 55 000 antibiogrammes ont été collectés par le réseau.
Résistance des bactéries de la chaine alimentaire
  • Forte réduction de la prévalence des bactéries E. coli Bêtalactamase à spectre élargi (BLSE) /AmpC dans la viande de poulet vendue en France : 26 % en 2018 contre 62 % en 2016.
  • Cette diminution de 58,3% dépasse l’objectif fixé par le plan Ecoantibio² (2017-2021) d’une réduction de 50 % en 5 ans de la prévalence d’E. coli BLSE sur les prélèvements de volailles (poulets de chair) au stade de la distribution.

Suivi des ventes de médicaments antibiotiques en médecine vétérinaire

  • Il indique une baisse des ventes de 5,5% par rapport à 2017 avec un volume (471 tonnes) le plus faible enregistré depuis 1999.
  • L’exposition globale des animaux aux antibiotiques, après une baisse importante et continue depuis 2011, a augmenté de 0,7% entre 2017 et 2018. Il semble que la réduction de l’utilisation ait atteint une limite pour certaines familles d’antibiotiques et il convient d’être vigilant sur l’évolution de cette tendance.

Ces résultats sont donc dans l’ensemble très positifs mais indiquent que des limites pourraient avoir été atteintes pour certaines familles et soulignent que les efforts en vue d’une utilisation prudente et raisonnée des antibiotiques en médecine vétérinaire doivent être poursuivis.




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