En Corée, SAMSUNG accepte d’indemniser ses ouvrières victimes de maladies graves

Alors qu’une information judiciaire vient d’être ouverte en France, Samsung a reconnu avoir exposé ses travailleuses et travailleurs à des produits toxiques sans protection et sans information sur la dangerosité des produits manipulés dans ses usines en Corée. 

Cette dernière information pourrait influencer l’enquête qui sera menée par le juge d’instruction désigné à la suite de la plainte avec constitution de partie civile déposée contre Samsung Electronics France, et Samsung Electronics Co. Ltd., la maison mère coréenne, par Sherpa etActionAid France-Peuples solidaires, pour pratiques commerciales trompeuses, le 25 juin 2018. Les parties civiles ont été auditionnées par le doyen des juges d’instruction du Tribunal de grande instance de Paris, Mr. Van Ryumbeke, le 16 octobre dernier.

Le comité de médiation chargé de rendre une décision sur l’indemnisation des travailleurs malades et des ayants-droit de ceux qui sont décédés a rendu sa décision le 1er novembre dernier. Cette nouvelle historique met fin à une bataille de plus de 10 ans entre des travailleurs malades, des familles de travailleurs décédés et Samsung.

Samsung devra payer jusqu’à 150 millions de won (116 324 euros) pour chaque employé souffrant de maladies liées au travail, a déclaré le comité de médiation présidé par un ancien juge de la Cour suprême coréenne.

Ainsi, tous les employés, anciens ou actuels, de Samsung, ainsi que les sous-traitants de la société ayant travaillé dans les usines de production de semi-conducteurs et d’écrans de Samsung pendant plus d’un an depuis 1984 peuvent prétendre à une indemnisation s’ils sont malades. Au moins 200 personnes seraient concernées, dont la plupart sont des femmes de moins de 30 ans, et 70 seraient déjà décédées (1).

Cette médiation entre Samsung d’un côté, et SHARPS, une ONG coréenne qui représente des travailleurs malades depuis 2007, de l’autre, avait été saluée par l’expert des Nations-Unies sur les produits toxiques et les droits humains (2). SHARPS avait annoncé qu’elle arrêterait ses manifestations devant le siège de Samsung, où ses membres campaient depuis plus de trois ans après que l’entreprise avait mis un terme à un premier processus de médiation.

« Plus que jamais, l’écart entre la réalité de ces travailleuses, les maladies et les décès, et les engagements éthiques pris par Samsung, doit être sanctionné par la justice française. Nous nous réjouissons que le doyen des juges d’instruction Renaud Van Ruymbeke ait déclaré le Tribunal de grande instance de Paris compétent pour instruire les faits dénoncés » a déclaré Marie-Laure Guislain, responsable du contentieux à Sherpa.

Communiqué de presse de Sherpa




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