Un cinquième des forêts méditerranéennes françaises est menacé selon la Liste rouge des écosystèmes de l’UICN France

Dans le cadre de la « Liste rouge des écosystèmes en France », le Comité français de l’UICN a évalué les menaces pesant sur 19 écosystèmes forestiers méditerranéens. Les résultats montrent que 21% d’entre eux sont menacés et 37% quasi-menacés. Les principales pressions qui s’exercent sont liées à l’artificialisation des territoires, notamment due à l’étalement urbain, l’introduction d’espèces non-indigènes et les changements climatiques, responsables de l’aridification du climat méditerranéen et de l’intensification des régimes d’incendies. Les résultats soulignent également les conséquences de la déprise agricole et pastorale qui font évoluer la composition de certaines forêts.

4 écosystèmes forestiers méditerranéens sont menacés en France
Evaluées En danger, les Pinèdes à Pin de Salzmann sont les forêts méditerranéennes les plus menacées en France. Le risque d’hybridation du Pin de Salzmann, arbre endémique de la péninsule ibérique et du sud de la France, avec d’autres pins noirs introduits, constitue la principale menace, d’autant plus marquée que les fréquents incendies ont considérablement rajeuni ces forêts et accéléré leur régénération. Deuxième pinède méditerranéenne la plus menacée en France, les Pinèdes à Pin maritime sont évaluées Vulnérables en raison de l’épidémie causée par la Cochenille du pin, un pathogène exclusif du Pin maritime. Cet insecte est responsable de l’une des plus importantes crises sanitaires de l’histoire des forêts françaises, ayant d’abord affecté les pinèdes du Var et des Alpes-Maritimes au cours des années 1980 et affectant dorénavant les pinèdes corses. Egalement évaluées Vulnérables, les forêts de Chêne-liège (Subéraies) et les Châtaigneraies méditerranéennes sont des écosystèmes forestiers dont l’existence résulte d’une longue intervention humaine ayant favorisé la dominance de ces arbres. Or une grande partie de ces forêts n’est aujourd’hui plus gérée et évolue ainsi vers d’autres types de forêts, plus mélangées.  

7 écosystèmes sont Quasi-menacés
Du fait de leur distribution restreinte, d’une part, et des fortes pressions auxquelles ces écosystèmes sont soumis (urbanisation, aménagement des espaces littoraux, ou encore régulation des régimes hydrologiques) d’autre part, les Pinèdes à Pin parasol, les Boisements à Olivier sauvage, les Forêts galeries à Laurier rose et les Peupleraies riveraines méditerranéennes sont Quasi-menacés en France. Deux autres écosystèmes à distribution restreinte, les Pinèdes à Pin Laricio et les Thuriféraies (ou boisements à Genévrier thurifère) sont également classés dans cette catégorie en raison de leur risque d’exposition à de grands incendies. Enfin, bien que largement étendues en région méditerranéenne, les Chênaies pubescentes méditerranéennes sont également évaluées Quasi-menacées en France du fait de leur sensibilité à l’aridification du climat méditerranéen.  

Seulement 3 écosystèmes sont non menacés (Préoccupation mineure)
Les forêts de Chêne vert, écosystème emblématique de la région méditerranéenne française, ne sont actuellement pas menacées, tout comme les boisements dominés par le Charme-Houblon (Ostryaies non riveraines), malgré leur faible superficie. Les Pinèdes à Pin d’Alep, dont l’expansion en France n’est limitée que par la neige et le gel, ne présentent actuellement pas de risques sérieux de dégradation. Au rythme actuel d’aridification du climat méditerranéen, ces dernières pourraient même devenir les dernières forêts composées de grands arbres de cette région, à moins de 600 mètres d’altitude.  

5 écosystèmes n’ont pu être évalués, par manque de données disponibles
Si les experts s’accordent sur le fait que les forêts riveraines méditerranéennes, bordant les cours d’eau, sont les forêts qui auraient le plus régressé par le passé, notamment par conversion à des fins agricoles et pastorales ainsi qu’en raison de la modification des régimes des cours d’eau, la quasi-totalité de ces écosystèmes n’ont pu être évalués par manque de données. Il en est de même pour les boisements méditerranéens à If dont la superficie est pourtant très restreinte.    

Evaluations réalisées par le Comité français de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), en partenariat avec le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) et en collaboration avec les conservatoires botaniques nationaux. 

Publication et résultats détaillés disponibles sur : //uicn.fr/lre-forets-mediterraneennes/ et //inpn.mnhn.fr

Communiqué de presse de l’UICN




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